Sans doute, se
met-il à l’ouvrage dicté par les coups de son cœur. Une dizaine de pinceaux,
tous ses crayons couleur et trois ou quatre feuilles de papiers sontdisposés sur les bords de son nid.
Quand le temps, breton et gris, est à point et qu’il n’a pas le nez fourré dans
un de ses innombrables livres, il se lance au travail. À ses pieds s’étale la
vaste baie de Saint-Brieuc griffée de fins ruisseaux et balayée de battements,
de cris d’oiseaux, de-ci de-là des enfants en bottes rouges traquent le coquillage
et la perle rare. Depuis des années, il vit et travaille sur cette marge,
inlassablement. Son œuvre singulière et personnelle est un vrai cadeau pour
ceux qui la connaissent.
De lui, J.M.Le
Clezio a écrit : "Tanguy Dohollau a l'oeil d'une mouette. Il dit
des choses fortes, vraies et émouvantes. Je partage avec lui l'absence de
frontières des rêves."
C'est mon mentor, le dessinateur Alain Goutalqui la
première
fois m’invita à la foire aux chevaux du trait et du
postier breton de Bulat- Pestivien qui a lieu en septembre
de chaque année. La foire aux chevaux de trait ou postier
breton est aussi le coup d’envoi de la saison de la vente des poulains et réunie
les plus grands éleveurs de la Bretagne. Bulat m’a donné bien du
plaisir, j’y ai mangé les meilleures boîtes de sardines du Monde en compagnie
du photographe Fabrice Picard, j’y ai bu les meilleurs bocks de bière de Bretagne
en compagnie d’amis espagnols, j’y ai vu par un froid hiver, du haut de la flèche
de l’église l’une des vues les plus impressionnantes des menés Bretons et c’est
aussi là qu’en compagnie d’Yvette et de ma compagne d’alors que j’ai appris à
danser les quadrilles irlandaises (avant que l’on se produise tous ensemble dans
une discothèque de Dingle, Daingean Uí Chúis). J’ai aussi quelques histoires tristes, notamment celle concernant
un conducteur de camion de lait qui en 1996 s’est pris un mauvais virage, mais
pour aujourd’hui seul le souvenir de cette foire aux chevaux m’intéresse. Allez
hop, au galop et en musique!
Vue de l'appartementde la rueIlha Terceira dans lequel nous avons vécu deux ans
de doux moments, ma mie (pas grosse la mie mais costaude quand même) et moi,
avant que nous émigrions vers Baltimore, cette ville aux avenues fades et aux
boutiques sans saveurs (ou l'inverse).
" Que Lisbonne est jolie. La fumée des vapeurs Sous la brise mollie Prend des formes de fleurs.
Nous irons à Lisbonne Ame lourde et cœur gai, Vous que nul ne pardonne, Lionne rousse aux aguets.
Semez, semez la graine, Je connais la chanson Que chante la sirène Au pied de la maison. Nous irons à Lisbonne Ame lourde et cœur gai, Cueillir la belladone Aux jardins que j’avais".
De Lisbonne, deux autres
photographies prises en 1990; la première fut prise à partir de la Pensão
Beira-Mar située au 4ème étage d’un immeuble du Terreiro do Trigo. La vue
était complète sur le Tage jusqu’au jour où un
incroyable cargo américain s’est arrimé sur le quai d’en face,
empêchant quiconque d’admirer la butte où se tient la petite cite de Palmela,
qui a l’une des bibliothèques les plus jolies entre Lisbonne et Setubal.
La seconde fut prise à partir
d’une autre pension familiale située sur la Praça das
Cebolas, qui donne aussi sur le Tage. En 1990, quatre années après l’entrée du
Portugal dans la CEE, vivre à Lisbonne était encore une bénédiction pour qui
désirait échapper à cette vie soupe au lait made in France.
Et puis tiens, d’un seul coup me vient une super envie d’aller
casser la croûte à Setubal, dans ce petit restaurant près du port. Poisson sardine
ou grosse pièce de morue, peu importe, le patron s’est y faire.